De rouille et d’écorce

Dernier témoin d’un monde disparu, d’une époque révolue, il est le squelette minéral d’une arche échouée en plein cœur d’un océan végétal. Les hommes l’avaient érigé en totem dédié au dieu électricité. Il leur a apporté confort et facilité. Mais quand le fanatisme l’a emporté, quand l’insatiabilité de l’humanité survoltée a éradiqué chaque parcelle de bonheurs naturels, alors la Terre a grondé. Elle s’est rebellée contre les ingrats incapables d’apprécier l’essentiel. La pureté d’une aube nouvelle, l’éclat d’un coucher de soleil, la mélodie du vent et l’excellence du silence. La nature a balayé la civilisation actinifère. Elle a repris ses droits et le totem déchu s’est trouvé submergé. Dans un ultime effort de survivance, comme pour faire acte de contrition, il se pare d’une écorce qui s’exfolie au gré du temps, mimétisme teinté d’humilité. Les hommes n’auraient jamais pensé qu’il puisse receler autant de beauté…

Photo - S. Bronner

Photo – S. Bronner

Publicités
Cet article a été publié dans Mots Z'à gogo. Ajoutez ce permalien à vos favoris.

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s